Les Griffes de la nuit
1984
Réalisateur: Wes Craven
Synopsis
Quatre adolsecents, Nancy Thompson, Glen Lantz, Rod Lane et Tina Grey, sont arcelés dans leurs rêves nocturnes par un même homme au visage brûlé, au pull rouge et vert et à la main dotée de lames de couteaux.
Alors qu'ils vont chez Tina pour passer la nuit, cette dernière meurt atrocement lacérée devant les yeux de sa compagne après s'être débattue dans son rêve. Rod, accusé du meutre, s'enfuit mais est finalement arrêté par la police.
Glen et Nancy continuent alors d'être harcelés par le tueur qui le rend visite dans leurs rêves et comprennent que le seul moyen de ne pas mourrir et de rester éveillé.
Ma critique
Voici sans conteste le meilleur film de la saga. Il s'agit d'un slasher dans la pure tradition: des adolescents meurent les uns après le autres. Mais ce n'est pas tout car si ce film est à classer dans la catégorie horreur, il n'en ai pas moins fantastique et surtout, extrêmement original.
Explication: Jason est un tueur classique, de même que Scream ou Michael Myers. Seul côté fantastique, Jason est un mort-vivant. Sinon, les autres sont tous des personnes ordinaires masquées.
Mais Freddy lui, est une antité qui vous tourmente dans vos rêves, les contrôle puis enfin, vous tue sauvagement. Bien sûr, il peut utiliser ses griffes en métal mais aussi intéragir avec vos rêves, soit pour vous tuer directement, soit pour vous effrayer. Car c'est ça qui fait la force de ce film: son intensité dramatique.
Pour faire peur, le film de Wes Craven utilise bon nombre d'artifices savants. Déjà, la plupart du film se passe presque tout le temps dans une ambiance nocturne. Ca, c'est fait. Passons tout de suite à son style si particulier de supense que j'apelle " l'introduction à Freddy". Vous allez comprendre.
Imaginez dans le film, un personnage qui s'endore dans sa chambre. Sur l'instant, on ne parvient pas à savoir si il rêve ou pas car rien autour de lui ne change. C'est alors que des détails inquiètants surivennent, faisant douter le spectateur: le temps semble figé, ainsi que les personnes alentours et seul notre personnage semble conscient de ce qui louche.
Le meilleur exemple est celui du rêve de Nancy. Pendant que cette dernière assiste à un cours, on aperçoit clairement qu'elle est fatiguée: ses yeux papillonnent, sa tête s'affaise, mais à aucun moment l'on ne la voit s'endormir. Si vous l'avez vu dormir, c'est votre imagination. Puis les élèves semblent mis en pause, tout est silencieux. C'est alors qu'apparait dans le couloir, le cadavre d'une defunte amie de Nancy. Elle sort alors de la salle et déambule dans les couloirs d'un lycée vide au silence seulement troublé par la musique glauque et tendue de Charles Bernstein.
La petite aventure de Nancy, comme pour la plupart des autres personnages de film, se termine dans une chaufferie, sale et inquiètante ou des bruits de griffe et des lamentations se font entendre. Si ici que Freddy décide de jouer avec sa victime en rôdant autour d'elle, et qui semble à la fois si près et si loin. Sa présence, parfois plus suggérée qu'autre chose, le rend omniprésent, comme si chaque partie du décor était Freddy. C'est là que l'astucieux mécanisme de suspense prend son sens. Tout le long de la balade, le spectateur s'identifie au personnage et se voit tenu en haleine car il sais que à un moment ou à un autre, il sera forcé à tomber sur Freddy qui arrive parfois à la toute fin.
Car Freddy pose d'abord une ambiance, comme une série d'indices morbides qui pousse le personnage jusqu'à lui, il tire les ficelles de votre cauchemar. Il joue avec vous, vous effraie et vous saute dessus au moment le plus importun ou alors, il s'approche lentement de vous, menaçant et jouant avec ses griffes. Dans ce cas, deux solutions possibles: la mort ou le réveil.
Le film joue aussi sur une atmosphère sale et glauque: les cauchemars sont souvent baignés dans la brume, la chaufferie est une référence en la matière. Il faut voir Elm Street, petit village aux lotissements blancs d'apparence charmante avec ses rues embellies de végétation.Tout cela nous parait alors bien effrayant dans le contexte des cauchemars et sous un ciel nocturne, avec des barrières de bois écaillées, des poubelles rouillées, des ruelles sinistres et des bâtiments obscures, comme dans le rêve de Tina au début du film.
Ajoutez la silhouette de Freddy à travers la tapisserie au dessus du lit d'une fille endormie, son ombre projetée contre un mur au tournant d'une ruelle, un cadavre rempli d'insecte et des vers et on peut bel et bien affirmer que Les griffes de la nuit est un vrai film d'horreur.
Parlons-en, de notre Freddy Krueger dont c'est ici la première apparition au cinéma. Il ne possède pas encore son caractère ironique et n'est pas vraiment drôle, malgré quelques répliques vraiment bien senties ( " Je vais te faire jouir moi, tu vas voir! "). Ici, il se contente surtout de courir après les filles et son charisme ne sera vraiment développé qu'à partir de Freddy 3: les griffes du cauchemar.
Cela ne veut pas dire que Freddy ne fait pas peur, au contraire, il est ici plus effrayant que dans n'importe lequels de autres films de la saga!
C'est un personnage mystérieux au passé à peine divulgé au milieu du film, n'apparaissant que rarement. Son visage n'est jamais vu à la lumière, et l'on aperçoit parfois que ses yeux, sa bouche, sa peau déformée...