La revanche de Freddy
1985
Réalisateur: Jack Sholder
Résumé:
Après que la famille Thompson est démenagée du 1428 Elm street, la famille Walsh s'y installe un an plus tard.
Mais des faits bizarres se produisent: il règne dans la maison, et particulièrement dans la chambre de Jesse, le fils ainé, une chaleur insuportable, les animaux de compagnie se comportent de façon agressive, et Jesse est harcelé par d'atroces cauchemars.
Car Freddy Krueger n'est pas mort et tente désormais de s'emparer du corps de Jesse pour perpétuer ses meurtres dans la réalité.
Ma critique:
Eh oui, le un à super bien marché, alors pour être sûr de tirer plus de pognons, on fait une suite réalisée à la vas-vite!
Ils avaient tout prévu les gars, les salles étaient pleines à craquer tous les jours! Et pour si peu... Pourtant, le scénario est loin d'être mauvais. Mais il reste à l'état embryonnaire tout le long du film.
Ne retenez que ça de ce deuxième opus de Freddy: un Freddy réussi, une mise en scène digne, des acteurs convaincants et quelques scènes intérêssantes.
Jack Sholder reprend donc les lieux principaux des précedents épisodes: Elm Street, le 1428 et la chaufferie. La plupart du film se passe dans la baraque, avec quelques scènes au lycée plus nombreuses que dans Nihghtmare 1. La plupart des scènes présentent Jesse faisant un cauchemar et flirtant avec Lisa. Jesse sera alors peu à peu habité par Freddy et des évenements étranges se produiront.
Sur le papier, ça sonne bien mais le film est loin de valoir son propre script car il enfreint la règle ultime du premier film: Freddy agit dans les rêves et non dans la réalité! Ici, c'est dans le monde réel que tue le boogeyman.
La mise en scène utilise des ficelles sans surprise et sans tension. Mais un autre point important à souligner est que, dans La revanche de Freddy, le croque-mitaine ne s'attaque qu'aux garçons!! Comme le dit le réalisateur lui-même dans l'interview de Mad Movies 39:
"Je suis heureux de dire qu'aucune femme ne meurt dans ce film. Il y en a une qui meurt, mais elle ressemble à un homme ( sympa ça!! ) et beaucoup de gens meurent en même temps. Aucune femme n'est filmée en train de mourrir."
Exite donc le côté hétéro-érotique du premier épisode. A trop vouloir jouer les gentleman, Jack transforme involontairement Freddy en une icône homoséxuelle des années 80! Bravo, sans doute la plus grande réussite de ce film.
Freddy veut s'approprier le corps de Jesse et entre en lui. Jesse refuse alors ce contact, comme s'il refuserait d'être gay. Mais ce n'est pas tout! Il faut voir quand il force Jesse à se rendre dans un bar gay et sado-maso ( oui, oui, avec les monsieurs qui se lèchent les langues et, les costumes de cuir et tout ça! ) ou qi'il torture un prof nu dans une douche qui est lui aussi pédé ( excusez du terme )!
Comme le dit fièrement Jack Sholder, aucune fille ne meurt dans le film, que des victimes garçon, comme si sa relation avec Nancy avait dégoûté Freddy de femelles. Malgré ça, tout n'est pas à jeter: certaines scènes sont sympas, comme Freddy qui se scalpe lui-même, le final rigolo ou j'aime bien quand la fille enlève le chapeau de Freddy pour l'embrasser ( même si on a trop l'impression qu'il trouve ça dégueu ). Une scène plutôt sombre montre aussi Jesse s'incruster dans la chambre de sa petit soeur et poser sur son lit une main gantée et doutée de lames. Le gant de Freddy bien sûr!
Mais la seule vraie scène du film est celle où Freddy sort du corps de Jesse. D'abord, des lames perçent ses doigts, la tête de Freddy sort de son corps et l'enlève comme un vêtement. Mais là aussi j'ai été déçu car sur le storyboard de Mad movies, ça avait l'air super mais le résultat manque de punch. On retiendra surtout les effets spéciaux et le jeu d'acteur de Mike Patton qui a vraiment l'air de... souffrir.
Mais même la scène de carnage dans la piscine party ne convainct pas. Freddy court dans tous les sens parmis une foule d'ados paniqués ( qu'est-ce qu'il ont dû se marrer! ) et est même plus petit que certains gamins dans la scène!
Quid de Freddy? Eh bien, il est plutôt réussi, avec un maquillage très sombre et réussi mais seul truc merdique: il n'a plus de gant, juste des lames de rasoir qui lui sortent des doigts à la manière d'ongles. En plus, il n'est pas aussi génial que dans les autres films malgré le cultissime: "Maintenant, vous êtes tous mes enfants!"
Bref, certains appellent ce film la "pédale dure", mais je l'appelerai la " vénale dure". Une série B râtée et pompe-à-fric qui récolta quand-même un joli paquet de pognon et un statut culte. Circulez.